L'épopée de Lorenzo Lamontagne fait la première page du journal le Progrès de Magog le 13 juillet 1955

L’épopée de Lorenzo Lamontagne fait la première page du journal le Progrès de Magog le 13 juillet 1955

Rendue célèbre par ses traversées du lac Ontario et de la Manche, la nageuse Marilyn Bell est en 1955 l’inspiration de milliers d’athlètes canadiens. Un d’entre eux, le Sherbrookois Lorenzo Lamontagne, tente le 9 juillet 1955 de devenir le premier homme à franchir le lac Memphrémagog à la nage.

Lamontagne, un athlète de 24 ans, se prépare avec diligence. Lorsqu’il se jette à l’eau le 9 juillet à 16 heures, il a derrière lui de nombreuses heures d’entraînement, dont quelques séances éreintantes de plus d’une quinzaine de milles.

Dans son aventure, il est assisté de quelques accompagnateurs, dont le jeune Jean Besré, qui l’escortent en bateau. Lors de son départ à Newport, il est également entouré du nageur émérite Adrien Pelchat et d’une jeune athlète de 14 ans, Line Gaudreau. Le Memphrémagog n’a qu’à bien se tenir.

Après un début de parcours encourageant, Lorenzo Lamontagne rencontre son premier obstacle au huitième kilomètre alors qu’un courant froid le force à ralentir. Son endurance lui permet de tenir le coup, mais la partie reste difficile. Même si ses accompagnateurs ont tenté d’évaluer le tracé le plus court possible, l’embarcation qui guide le Sherbrookois s’égare à quelques reprises. Au lieu de suivre la voie la plus directe, ce dernier fait donc des détours malencontreux qui sapent son énergie et hypothèquent ses chances de réussite.

Petit à petit, les vagues et la fatigue éprouvent la résistance du nageur qui puise dans ses dernières ressources pour résister à l’abandon. Le jeune homme livre une lutte épique au Memphrémagog, mais sur les recommandations de ses amis qui le voient complètement épuisé, il doit se résigner. Après 21 heures et 30 minutes de nage, Lamontagne est finalement retiré de l’eau, à environ deux milles de son objectif.

Le dénouement de la course n’affecte pas l’estime que lui porte le public. Environ 1 500 personnes s’entassent le long de la plage du motel Cabana pour l’acclamer et ses concitoyens sherbrookois lui rendent hommage en lui remettant des cadeaux de toutes sortes. Fort de cette expérience, Lamontagne projette de s’attaquer à la Manche.

Le Memphrémagog conserve donc son mythe d’invincibilité. Mais les temps changent. Le 7 juillet, Bert Thomas est le premier homme à franchir le détroit Juan de Fuca. Le 23 juillet, Jacques Amyot vient à bout du lac Saint-Jean. La table est mise. Un jeune Magogois de 19 ans sent que le moment est venu de faire tomber un autre mythe. Son nom : William Francis « Billy » Connor.

Serge Gaudreau