Il y a 75 ans, Jean Chalifoux (1913-2006), jeune diplômé de l’École Technique de Montréal (École du Meuble), débarquait à Magog pour y fonder une École d’arts et métiers. En 1938, dans le cadre d’un « Service de l’Aide à la jeunesse », le docteur Albert Guertin lançait l’idée d’une telle école et, à cette fin, il obtenait un octroi de 500 $ de la Ville de Magog, qui permettait le recrutement du professeur Chalifoux.

Jean Chalifoux arrive à la gare de Magog le 4 janvier 1939, où il est accueilli par le docteur Guertin, représentant des Chevaliers de Carillon, les grands responsables de cette initiative. L’ouverture officielle a lieu le 15 janvier et 107 élèves ont donné leurs noms pour suivre les cours qui se tiennent au collège St-Patrice des frères du Sacré-Coeur. Il s’agit de cours de dessin, de mathématiques, de menuiserie, notamment l’ébénisterie, dispensés gratuitement de jour et de soir. M. John Peters, membre de la direction, s’engage à fournir à l’école le bois nécessaire à ses opérations. Les cours vont bon train et l’école tient sa première exposition le 15 juin 1941.

Jean Chalifoux, homme dévoué et honnête, s’implante dans sa nouvelle communauté, où son épouse Yvonne Tremblay et lui ont deux enfants, Claire et Jacques. Il a fait fonctionner l’école jusqu’en juin 1961. Les locaux mis à la disposition de l’école d’arts et métiers doivent être sacrifiés pour la construction du nouveau Pavillon des Loisirs. Jean Chalifoux va enseigner à Cowansville et Waterloo et travaille comme menuisier. Grâce à lui, le germe d’une École des métiers permanente est semé et portera fruit.

Classe École métiers

Une seconde école

En 1957, une vaste campagne de souscription est lancée pour la construction d’un hôpital laïc, l’Hôpital de Magog inc. La construction, débute sur la rue Percy en octobre 1957, mais elle est arrêtée en décembre 1958 faute de fonds. La propriété est mise en vente pour permettre le remboursement des sommes souscrites, dont les ouvriers ont grandement besoin au lendemain d’une grève de plusieurs mois dans le textile.

Magog réclame à grands cris une École des métiers pour accueillir un plus grand nombre d’élèves et répondre à la demande. Le moment est favorable au projet, car des élections provinciales sont annoncées pour juin 1960, et les deux candidats en lice promettent une École des métiers. Le candidat libéral Georges Vaillancourt est élu. Le gouvernement se porte acquéreur du terrain et des fondations de l’hôpital, puis rembourse les souscripteurs.

École des métiers

Le projet d’une école de métiers est accepté et, en mars 1962, la firme Yvon Giguère inc. obtient le contrat. La construction est terminée pour septembre 1963. L’ouverture officielle, sous la présidence de Paul Trottier,   a lieu le 9 septembre 1963, soit il y a 50 ans. Quelque 50 élèves se sont qualifiés aux examens exigés par le ministère de la Jeunesse, et l’objectif est d’y admettre l’année suivante une centaine d’élèves. Six professeurs y enseignent : électricité, plomberie-chauffage, mécanique automobile et appareils domestiques. On y donne aussi des cours du soir afin de rejoindre les travailleurs et apprentis de toutes catégories, contremaîtres, commis et vendeurs. Dès la deuxième année, les inscriptions ne sont pas à la hauteur des attentes des dirigeants. Afin d’augmenter sa clientèle, l’école offrira des cours de dessin industriel, lecture de plans, ferblanterie, débosselage et peinture.

En 1967, le Centre d’apprentissage 24 juin ouvre ses portes à Sherbrooke, ce qui n’aide pas la cause de l’école de Magog. En 1974, c’est au tour de La Ruche d’accueillir les jeunes du secondaire, mais l’École des métiers continue ses opérations. En 1986, une centaine d’élèves inscrits à La Ruche en équipement motorisé doivent se déplacer sur la rue Percy pour assister aux cours. Pour des raisons économiques, un agrandissement de 5 500 pi2 est réalisé à La Ruche pour des ateliers et un bureau pour les professeurs. En 1987, l’école de la rue Percy, ainsi libérée, est rénovée et recyclée en centre administratif pour la Commission scolaire de Magog,

Maurice Langlois, Société d’histoire de Magog