C’est en mars 1952 que le mont Orford accueille pour la première fois l’Adams’ Memorial. Cette classique est dédiée à la mémoire du Dr Marston E. Adams, ex-maire de Magog et pionnier du ski dans la région décédé dans les Laurentides en 1951 en pratiquant son sport préféré. Elle constitue un retour aux sources puisque l’Orford a été l’hôte de plusieurs compétitions d’envergure entre 1944 et 1948.

Gene Adams, la fille de Marston E. Adams lors dune sortie en ski - Fond Familles Merry. La Société dhistoire de Magog

Gene Adams, la fille de Marston E. Adams pose devant la Maison Merry avant une sortie en ski dans les années 1940 – Fonds Famille Merry. La Société d’histoire de Magog

Les premières éditions de l’Adams’ Memorial sont dominées par des skieurs de la région. Après Robert Bousquet, gagnant de la course en 1952, c’est au tour des frères Jean et Roland Lessard du club Hillcrest d’afficher leur supériorité. Vainqueur en 1953 puis de 1955 à 1957, Jean arrache même le titre canadien à Orford, en 1959, la première fois qu’une course de ce niveau est disputée dans les Cantons-de-l’Est.

À l’instar des frères Lessard, les organisateurs de l’événement accumulent eux aussi les hommages. Les skieurs sont nombreux à apprécier l’hospitalité des Magogois. Et ils sont tout aussi élogieux à l’endroit de la piste Trois-Ruisseaux, où se dispute la descente, et de la « 45 », au mont Giroux, où se déroule le slalom. Avec la modernisation des équipements qui se fait en 1959, Orford s’élève au rang des stations les plus prometteuses de la province.

De fait, le championnat canadien de 1959 donne le ton à une décennie de ski mouvementée. Il y a bien sûr l’accroissement de la pratique populaire qui se vérifie année après année. Mais il y a aussi le prestige grandissant de l’Adams’ Memorial qui contribue au rayonnement du mont Orford. D’une simple compétition régionale, puis provinciale, cette course devient un événement national, attirant des olympiens et des membres de l’équipe nationale canadienne.

De 1961 à 1968, des milliers d’amateurs de la région s’agglutinent au pied de la montagne pour admirer les prouesses des Roddy Hebron, Peter Duncan et Jean-Guy Brunet ainsi que celles des Nancy Holland et Nancy Greene, aspirantes au trophée Bowen remis annuellement à la gagnante du combiné chez les femmes.

Cet engouement pour le ski atteint un paroxysme les 3, 4 et 5 février 1967 avec la tenue d’une épreuve de la série Du Maurier. Celle-ci a une saveur internationale puisqu’une dizaine de pays y sont représentés. Le Norvégien Haakon Mjoen et la Canadienne Nancy Greene s’imposent comme les grands vainqueurs de la fin de semaine.

L'Adams memorial est crée en l'honneur de Marston E. Adams, un homme important dans l'histoire de Magog. Le voici en 1947 - Fonds Famille Merry. La Société d'histoire de Magog

L’Adams memorial est crée en l’honneur de Marston E. Adams, un homme important dans l’histoire de Magog. Le voici en 1947 – Fonds Famille Merry. La Société d’histoire de Magog

Selon l’un des coordonnateurs, plus de 15 000 spectateurs se seraient déplacés pour suivre les trois jours de compétition. Cette affluence, combinée à la couverture médiatique accordée aux épreuves, contribue à faire de la région Magog-Orford un des points de mire de la province pendant quelques jours. De l’avis de certains observateurs, ce succès confirme même le statut d’Orford comme station de ski la plus en vue de l’Est du Canada.

Les compétitions de ski comme moteur du développement touristique ? L’idée semble alléchante. Mais après ces années fastes, l’Adams’ Memorial revient graduellement à des proportions plus modestes. Intégrée au circuit de la coupe Pontiac en 1969, elle continue d’attirer ici des virtuoses comme Jean-Louis Ambroise, Pierre Savoie, Suzan Clifford et Kathy Kreiner.

Petit à petit, l’élan qui la portait perd toutefois de son intensité, avant qu’elle ne disparaisse après une dernière édition, en 1976. Une constante à travers ces années : la présence de la veuve du Dr Adams qui ne rate jamais l’occasion de récompenser le gagnant en lui remettant le trophée qui porte le nom de son mari.

Serge Gaudreau