Edouard Hains. Fonds Bibliothèque Memphrémagog. La Société d'histoire de Magog

Edouard Hains. Fonds Bibliothèque Memphrémagog. La Société d’histoire de Magog

C’est à Édouard Hains que nous devons la fondation du premier hebdomadaire francophone de Magog, en juin 1937. Fait pour le moins surprenant, considérant que les francophones y étaient en majorité depuis plus d’un demi-siècle. Il y a 70 ans, Hains publiait le premier numéro de La Chronique de Magog, le 4 juin 1937.

 

Alexis-Édouard Hains naît à Bromptonville, le 29 juillet 1899. Il est le fils de Gédéon Hains, cultivateur, et de Marie Martel, de Stoke. De 1904 à 1912, il fréquente l’école de son village, dirigée par les frères du Sacré-Cœur. Pendant ses études classiques au Séminaire Saint-Charles-Borromée de Sherbrooke, de 1913 à 1922, il publie plusieurs contes dans La Revue Nationale, organe de la Société St-Jean-Baptiste. Il est ensuite journaliste au service de La Tribune de Sherbrooke de 1923 à 1930.

Le 7 juillet 1924, Édouard épouse Gabrielle Marcoux, fille d’Elzéar Marcoux et d’Aurore Beaudoin, de Lennoxville. Le couple a 5 enfants : Lorraine, Yolande, Robert, Danièle et Yvan.

Famille Heins

Famille Édouard Heins – Fonds Studio RC. La Société d’histoire de Magog

Depuis 1925, Alfred DesRochers travaille à La Tribune de Sherbrooke, quotidien qui joue un rôle vital dans la vie artistique et littéraire de la région. Édouard Hains est au nombre des écrivains et écrivaines qui gravitent autour de ce jeune poète, avec les Jovette-Alice Bernier, Éva Sénécal, Myriel Gendreau, Louis-C. O’Neil, Louis-Philippe Robidoux, etc. Hains, qui fait partie du « Mouvement littéraire des Cantons de l’Est », est en contact permanent avec d’autres écrivains québécois, comme Robert Choquette, Émile Coderre, Alice Lemieux, Jean Bruchési et plusieurs autres.

 

Conscient de son potentiel, il fonde avec son frère Oliva, l’hebdomadaire La Revue de Granby, dont le 1er numéro paraît le 6 février 1930. Vers 1934-35, il achète et réanime l’Étoile de l’Est, hebdomadaire de Coaticook, fondé en 1926 et ressuscité en 1927, par son collègue et ami Alfred DesRochers. Dès 1931, il est membre de la Société des écrivains canadiens et devient directeur à vie de la Société du bon parler français.

En 1932, à l’âge de 33 ans, Hains publie à Granby, un recueil de nouvelles, intitulé Amour! Quand tu nous tiens… Alfred Desrochers signe la préface, en soulignant les qualités d’un bon écrivain. Ces qualités sont : la précision, l’action, l’émotivité et la clarté. Il écrit : « C’est que l’auteur esrt un journaliste-né, qu’il allie harmonieusement, en lui-même, les qualités qu’on attribue en exclusivité aux poètes et aux critiques ». En 1936, Hains accède à la présidence de l’Association des hebdomadaires canadiens-français, dont il sera gérant d’affaires et directeur, pendant plus de dix ans.

En 1964, La Chronique de Magog fusionne avec son compétiteur, Le Progrès de Magog (fondé en 1949), et devient Le Progrès-Chronique de Magog jusqu’en décembre1970. Le Progrès reprend son nom du début et est publié jusqu’au début des années quatre-vingt-dix, alors qu’il est supplanté par son compétiteur Le Reflet du Lac, fondé en 1988.

De l’avis de ses confrères, Édouard Hains est un journaliste dans l’âme, un éditorialiste raffiné, critique discuté, mais irréfutable, de l’art littéraire. Travailleur infatigable, il écrit pendant plus d’un demi-siècle. Il continue de signer des éditoriaux dans Le Progrès de Magog et sa chère chronique, « Rue Main » jusqu’à moins de deux mois avant son décès, le 10 avril 1972, à l’âge de 72 ans. La communauté littéraire vient de perdre un écrivain, auteur, critique et un ardent défenseur de la langue française écrite et parlée. Malheureusement, il n’a jamais été reconnu à sa juste valeur en dehors du monde littéraire et il a été tout simplement oublié.

Maurice Langlois