Le centenaire de l’arrivée à Magog des Filles de la Charité du Sacré-Cœur de Jésus (F.C.S.C.J.)  sera célébré en grande pompe, à partir du 30 septembre 2007.

C’est en France, en 1823, que cette congrégation est fondée par Jean-Maurice Catroux (1794-1863), curé de La Salle-de-Vihiers, diocèse d’Angers et Rose Giet (1784-1848), connue sous le nom de Sœur Marie. Ce sont les ruines de l’école de La Salle-de-Vihiers, détruite au cours de la guerre de Vendée, qui leur servent de premier local. Les deux fondateurs de la congrégation privilégient l’enseignement, les soins aux malades et veulent porter une attention particulière aux plus démunis. Plus tard s’ajoutent les missions étrangères.

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On retrouve, devant le couvent St-Patrice, la classe de 9e année de Sœur Émilie en 1926 – Fonds Bibliothèque Memphremagog. La Société d’histoire de Magog.

Cette communauté se démarque très rapidement et la mission d’enseignement prend une importance considérable. Mais au début du XXe siècle, sous l’influence d’Émile Combes, président du Conseil d’État français de 1902 à 1905, un fort vent d’anticléricalisme souffle en France. Des lois « Combistes » (1902-1904) mènent à la séparation de l’Église et de l’État. Elles ont pour but de supprimer les congrégations religieuses enseignantes et d’imposer la sécularisation de leurs sujets. Entre 1902 et 1904, 206 établissements des F.C.S.C.J. sont fermés et les religieuses expulsées.

Il leur faut s’assurer un asile et elles tournent leur regard vers l’Amérique. En 1905, quatre religieuses s’embarquent et viennent s’établir à Newport, au Vermont. En 1907, Charles Édouard Milette, curé de St-Patrice, est à la recherche de religieuses pour s’occuper de la « Crèche », alors en construction. Il rend visite aux F.C.S.C.J. à Newport et son projet leur plaît.

Avec l’autorisation de Mgr Paul LaRocque, évêque du diocèse de Sherbrooke, cinq religieuses françaises arrivent à Magog, le 1er octobre 1907. Deux semaines plus tard, elles aménagent à la Crèche qui n’est pas encore terminée. En 1909, elles prennent possession du couvent de Magog et, la même année, elles ouvrent un autre couvent à Valcourt. Afin d’assurer une relève, elles fondent un noviciat à Sherbrooke, en 1911. C’est le début d’une œuvre colossale qui s’étendra à toute notre région et bien au-delà.

Maurice Langlois