Le 1er août 1855 : Les Magogois élisaient leur premier conseil

par Serge Gaudreau


Ce n’est pas l’anniversaire qui a fait couler le plus d’encre. Mais mine de rien, c’est cet été, plus exactement le 1er août, que Magog « célébrait » ses 150 ans de démocratie municipale.

C’est en effet l’année de sa création, en 1855, que la municipalité du Township de Magog, un territoire issu de la fusion d’une partie des Townships de Bolton et de Hatley, tenait ses premières élections. Le processus, on s’en doute, différait quelque peu de celui que nous connaissons aujourd’hui.

D’abord, le droit de vote et d’éligibilité aux postes électifs n’est accessible qu’à un petit nombre de citoyens. Selon l’Acte des municipalités et des chemins du Bas-Canada, qui définit les règles à respecter, seuls les hommes d’âge adulte – 21 ans et plus – , loyaux sujets de Sa Majesté, et qui sont propriétaires ou locataires, peuvent voter ou poser leur candidature aux postes de conseillers. Il est donc permis de croire qu’à peine une centaine d’habitants du township, tout au plus, participent à l’élection du 1er août 1855.

Comme c’est la coutume à ce moment, le vote, qui commence à 10 heures du matin, se fait publiquement. Les électeurs se prononcent soit en levant la main, soit en se rendant dans un côté de la salle identifié à l’un des candidats. Une fois les polls fermés, à 17 heures, les résultats sont compilés et les sept hommes ayant obtenu le plus de votes forment le conseil. 

Reflet de l’identité magogoise au milieu du XIXe siècle, les sept premiers élus sont des anglophones, en majorité des cultivateurs. Il s’agit de Colbe Abbott jr., Asa Hoyt, Samuel Hoyt jr., Thomas L. Hoyt, Benjamin H. Ives, Abel B. Johnson et E.D. Newton. Quelques jours plus tard, ils se réunissent afin de choisir celui qui exercera la fonction de maire. Celui qui hérite du poste, Samuel Hoyt jr., est un quadragénaire qui possède une scierie sur le côté sud de la rivière Magog, près du pont Merry. 

Une tradition est née. Mais elle connaîtra une multitude de changements au fil des ans. En février 1914, par exemple, l’élection du maire de Magog – devenue une municipalité en 1888 – passera des mains du conseil à celles de l’ensemble des électeurs. Cette « course à la mairie », remportée par Alfred L’Archevêque, est marquée par deux autres premières : le vote secret, sur un bulletin de papier, et la division géographique de la ville en six quartiers électoraux.

Lentement, mais sûrement, la mécanique électorale municipale prend une forme qui se rapproche de celle que nous connaissons aujourd’hui. 

Serge Gaudreau
Société d’histoire de Magog

25 juillet 2008

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