Albert Pratte (1873-1957)

par Danielle Pratte


J’ai le goût de vous parler de mon grand-père, Albert Pratte. Marié le 26 avril 1897 à Albina Boudreau, une institutrice de La Patrie, le couple a trois enfants qui survivent à la mortalité infantile : Germaine (1898), Armand (1899) et Anatole (1905).

Grand-père Pratte a fait son empreinte comme marchand. Il possédait avec les demoiselles Hall la plupart des terrains du « bas de la ville ». Dans son magasin général de la rue Principale est, en face de la Dominion Textile, on pouvait se procurer des céréales, de la viande, du vin et de la bière en barriques, des clous, du tissu à la verge et même des carrioles ! Il possédait aussi le théâtre Capitol, où j’allais « picker une look » aux films de Laurel & Hardy en noir et blanc. La bâtisse est toujours sise au coin des rues Principale et St-David.

Sur une photo aérienne de 1929, on voit l’entrepôt de mon grand-père dont le sol était en terre battue. Il était situé à l’emplacement actuel de l’école Le Transit. Grand-père possédait plusieurs immeubles à appartements, ce qui fait que dans les rôles d’évaluation des années 1931/1932, il est le plus gros payeur de taxes de Magog. Dans la colonne des professions, il est identifié comme bourgeois.

Implication sociale

Albert Pratte est trompettiste dans la fanfare « Memphremagog Brass Band ». Dans les années 1920, il fait partie des contribuables qui présentent une requête pour avoir une école catholique dans le bas de la ville. Le couvent Sainte-Marguerite-Marie sera construit en 1928. Marguillier et bienfaiteur de la paroisse, son nom serait d’ailleurs gravé sur une des cloches de l’église Sainte-Marguerite-Marie selon l’historien Alain Roy.

Toujours dans cette paroisse, il existe une rue Hall et un bout de rue Saint-Albert. J’ai un gros doute sur la justification toponymique de cette rue Saint-Albert…

Grand-père a pris sa retraite à 46 ans. Une vie racontée, bien remplie et peut-être embellie a aussi ses peines. En 1951, sa fille Germaine et sa petite fille Nicole meurent des suites de brûlures subies lors d’une explosion à leur résidence de la rue Portland, à Sherbrooke. Le dos de grand-père s’est voûté, ses traits se sont alourdis et il s’est laissé vieillir. Il est décédé le 13 mai 1957 à l’âge de 83 ans, 7 mois et 21 jours. Parfois, je passe devant son ancienne maison, au 290 rue du Collège. Bien des choses ont changé, mais un sourire instantané fait surface.

« Batarême » que je suis fière de lui !

Danielle Pratte
Société d’histoire de Magog

15 juin 2005

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