Catégorie: Chroniques historiques

Conseil de ville DPM

Denise Poulin-Marcotte : première femme au conseil municipal de Magog

Denise Poulin-Marcotte

Collection Gilles Dallaire. La Société d’histoire de Magog

En 1994, Denise Poulin-Marcotte devient la première femme à accéder au conseil municipal de Magog. Les citoyens du quartier 2 lui accordent leur confiance pour deux mandats consécutifs. Elle fait partie du conseil provisoire qui voit à la transition lors de la fusion de Magog, du Canton de Magog et d’Omerville en 2002. Elle conserve son siège à  l’élection suivante avec une avance de 790 voix sur son adversaire Serge Poulin. Elle complète son impressionnante feuille de route au conseil municipal de Magog avec trois autres mandats; démontrant une belle reconnaissance de son travail au service des citoyens. Elle détient maintenant le record de longévité au conseil municipal. Elle a contribué à de grands dossiers autant communautaires, sportifs, que culturels et patrimoniaux.

La Société d’histoire de Magog tient à remercier Madame Poulin-Marcotte pour sa grande contribution à la communauté magogoise.

Bernard « Jim » Lizotte, un des pionniers du baseball mineur à Magog, avec les As, champions de la saison 1966. Fonds Jim Lizotte. La Société d'histoire de Magog.
Bernard « Jim » Lizotte, un des pionniers du baseball mineur à Magog, avec les As, champions de la saison 1966. Fonds Jim Lizotte. La Société d'histoire de Magog.

Plus d’un siècle de Play Ball !

Le printemps venu, les crapauds ne sont pas les seuls à chanter la liberté. Pour les amateurs de baseball et de balle-molle, la fonte de la neige et la vue du gazon sont également des signes que l’écho des premiers Play Ball va bientôt retentir sur les losanges.

Le national pastime de nos voisins du Sud n’a pas tardé à faire son apparition à Magog. Le va-et-vient entre le Québec et les États-Unis, particulièrement grouillant dans les régions frontalières comme la nôtre, favorise la diffusion de ce sport que l’on pratique dans les Cantons-de-l’Est dès la fin du XIXe siècle. Plus populaire que la crosse, pourtant considérée comme notre sport national estival, le baseball est vraisemblablement l’activité sportive qui compte le plus d’adeptes.

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L’équipe championne en 1903 pour la région des Cantons-de-l’Est est le club de Magog. Fonds Bibliothèque Memphrémagog. La Société d’histoire de Magog.

À Magog, on le joue à plusieurs endroits, notamment sur le terrain de la Dominion Textile, à proximité du pont Michigan, et au «cap», soit l’actuel stationnement désaffecté des anciennes usines de la C.S. Brooks, en biais de l’intersection des rues Principale Est et Saint-Pierre. Des équipes identifiées à l’usine (Grey, Prue, Print Works, etc.), une formule courante à l’époque, sont créées. Des joueurs défendent également les couleurs de la ville dans des circuits régionaux comme la ligue Stanstead qui, en 1937, réunit Beebe, Waterville, Ayer’s Cliff, Rock Island et Stanstead. Inspirés par l’artilleur Paul Bélanger, les Magogois remportent alors le championnat.

À l’occasion, des événements spéciaux sont aussi mis sur pied. C’est le cas en   juillet 1929 et en août 1932 alors que des équipes itinérantes formées de joueurs américains de race noire, les Tigers de Boston et les Giants de Brooklyn, démontrent leur savoir-faire chez nous.

Au cours des années 1940 et 1950, la construction de nouvelles installations à la DT entraîne la disparition des terrains et l’apparition d’autres losanges, dont un à la pointe Merry, puis un autre sur la rue Saint-Luc (l’actuel stade Théroux). Les Tigers de Magog de la Ligue frontière de l’Est (Eastern Border Baseball League), une formation redoutable qui fait courir les foules, y disputent leurs parties locales.

Le prochain virage survient au milieu des années 1960, alors que l’on aménage le parc de l’Est dans le quartier Michigan. Avec son éclairage moderne, il devient rapidement un pôle de la vie sportive, accueillant des équipes de baseball mineur, mais aussi des ligues d’adultes qui évoluent au soft ball – ligue de la Cité, ligue Massawippi, etc. – et au slow pitch, avant que le lob pitch ne fasse son apparition à la fin des années 1970. Le terrain aussi l’hôte en 2013 que quelques parties présentées dans le cadre des Jeux du Canada.

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Le parc de l’Est. Construit au milieu des années 1960, il est aménagé dans ce qui deviendra le plus important complexe sportif de Magog. Son éclairage permet de jouer en soirée. Fonds Jacques Boisvert. La Société d’histoire de Magog.

Avec le stade Théroux (le centre névralgique du baseball mineur), les deux terrains du parc de l’Est, dont un pour le baseball, ceux du High School, du parc des Hautes-sources, du club Aramis, de la plage Municipale et d’Omerville, il se passe rarement un soir d’été sans que quelqu’un joue «à la balle» quelque part. Magog conserve également sa réputation au niveau de l’élite grâce aux Cubs qui, dans la seconde moitié des années 1980, font la pluie et le beau temps dans la Ligue senior des Cantons-de-l’Est.

Un peu de nostalgie avec ça ? Peut-être, considérant la baisse de popularité de ce sport au fil des ans et la disparition de certains terrains. Mais le cœur du baseball bat toujours. Et grâce à la contribution de ceux qui y ont été associés de près, il continuera encore longtemps de meubler les conversations des Magogois qui, inévitablement, tous les printemps, sentent encore monter en eux la fièvre du baseball.

Serge Gaudreau

La  Magog Textile and Print Co.  - Fonds studio RC. La Société d'histoire de Magog

La Magog Textile and Print Co. - Fonds studio RC. La Société d'histoire de Magog

Magog et les usines de textile : des partenaires électriques

L’électricité nous apparaît comme un acquis naturel. Aujourd’hui, le fait d’appuyer sur un bouton et de voir la lumière ne nous surprend plus. Difficile d’imaginer que les gens ont vécu sans cette ressource pendant des siècles. À Magog, l’avènement de l’électricité remonte à la fin du 19e siècle. Avant cela, il y a quelques tentatives d’alimenter le secteur industriel en énergie avec des barrages de moindre envergure.

En 1874, un ingénieur hydraulique est engagé pour étudier le potentiel énergétique de la rivière Magog. Puisque ses études sont concluantes, messieurs Alvin H. Moore et William Hobbs, devant la promesse d’énergie abondante, considèrent l’édification d’une usine près de la rivière. C’est ainsi qu’avec la Magog Textile and Print Company, naît le barrage Francis. Grâce à un canal, l’impressionnante construction de 400 pi. de large pour 16 pi. de haut fournit les usines de textile en énergie hydraulique jusqu’en 1915.

 Le barrage hydroélectrique de la Dominion Textile autour de 1925. La Société d'histoire de Magog

Le barrage hydroélectrique de la Dominion Textile autour de 1925. La Société d’histoire de Magog

 

En 1891, le conseil de ville reçoit une offre de la Royal Electric Co. et de C.F. Beauchemin qui lui offrent d’installer des points de lumière sur la rue Principale. On parle alors de 20 lumières et 16 bougies allumables simultanément tous les soirs. Quelques années après, un dénommé Bernard Lemay fait la demande au conseil de ville pour installer une « usine d’éclairage électrique des rues », mais la chose n’est pas envisageable à l’époque. Et on ne pense pas encore à éclairer les maisons. Le conseil de ville change d’idée le 1er juin 1897 lorsqu’il vote le règlement menant à la construction d’un barrage hydroélectrique, situé à moins de deux kilomètres en aval des usines. Le coût total du projet ne devrait pas dépasser les 10 000$. Pour célébrer cette avancée technologique, on organise un concert dans la salle de l’ancien conseil de ville en l’honneur de la journée où l’on allume les lumières pour la première fois. C’est finalement en décembre 1897 que les maisons et les rues sont électrifiées à Magog.

Évidemment, les coûts d’utilisation de l’électricité à l’époque sont bien différents des montants actuels ; à l’époque, on dépense de 2$ à 4$ par année pour une ampoule de 16 bougies. Déjà en 1902, on indique au chef de police, monsieur Foucher, de bien avertir ses consommateurs d’éteindre les ampoules lorsqu’elles ne sont pas utilisées. Un réflexe intelligent !

Jusqu’en 1909, Magog se contente de ces installations hydrauliques pour s’alimenter en électricité. La toute nouvellement nommée Dominion Textile Company, en 1905, ne peut en dire autant. Devant ce constat, elle propose à la Ville de Magog une entente pour la construction d’un autre barrage hydroélectrique pour remplacer celui de 1897… sans lequel elle menace de fermer son usine de Magog ! Même si Magog a peu de pouvoir de négociation, on instaure un comité de 32 citoyens pour discuter de l’entente avec la Dominion Textile. Un contrat entre cette dernière et la Ville de Magog est signé le 28 mai 1911 ; il prévoit un partage qui, à court terme, satisfait les deux parties. Ce barrage est construit la même année. L’usage commun de l’électricité dure jusqu’en 1946, date à laquelle l’entente prend fin.

La gare de Magog au début des années 1900
La gare de Magog au début des années 1900

La saga du chemin de fer à Magog

Au début du 19e siècle, Magog, à cause de sa position géographique, est une région plutôt isolée. Se rendre aux États-Unis est possible grâce aux traversiers qui liaient Magog à Newport ; or, se rendre à Montréal présente un défi bien plus imposant. D’ailleurs, les difficultés de transports limitent souvent les industries de l’époque qui ne peuvent atteindre les autres marchés.

Il va sans dire que la formation de la Stanstead, Shefford and Chambly Railroad en 1853 souffle un vent d’espoir chez les Magogois et les Magogoises. Dès lors, le conseil municipal du canton de Magog prend la décision de financer le projet dans l’expectative que celui-ci se rende jusqu’à chez lui. Hélas, la construction du chemin de fer s’arrête à Waterloo en 1862, faute de fonds insuffisant, et ne se rend même jamais à Chambly. Malgré cette interruption, le conseil municipal de Magog, fort motivé, continue de faire pression pour la construction du chemin de fer, tant le besoin d’obtenir une communication ferroviaire avec l’extérieur se faisait sentir. Même si peu à peu, la région des Cantons de l’Est est desservie, Sherbrooke notamment, et qu’elle sort de son isolement, Magog reste inatteignable en train. Le 6 septembre 1876, les conseillers municipaux de Magog décident d’investir, même après deux contributions monétaires peu concluantes, la somme de 15 000$ dans la Waterloo and Magog Railway pour assurer que le circuit ferré se rende jusqu’à eux. C’est à partir du 29 décembre 1877 que le canton de Magog est officiellement desservi. À l’époque, le trajet jusqu’à Waterloo dure 55 minutes pour une distance de 23 miles. Malgré cette bonne nouvelle, le canton de Magog, avec tous ses investissements, se trouve dans une bien mauvaise position alors que ses investissements l’a endetté de 10 000$, une somme énorme à l’époque, surtout considérant que le chemin de fer ne serait jamais vraiment rentable.

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On aperçoit le chemin de fer qui parcours la rivière Magog vers 1925 – Fonds Bibliothèque Memphrémagog. La Société d’histoire de Magog

Quelques années plus tard, d’autres embûches ! En 1887, le canton de Magog a failli perdre son chemin de fer alors que le Canadien Pacifique arrête un autre tracé pour sa voie de l’Est. Celui-ci passerait au nord de Magog, ce qui provoquerait l’isolement à nouveau. Heureusement, le maire de la municipalité du Canton de Magog, Alvin H. Moore, fait pression et réussi à ce que le chemin de fer continue de passer à Magog.

Certes, le chemin de fer aura une grande portée sur l’économie de Magog. Aujourd’hui, bien que le train ne soit plus le transport de prédilection à Magog, il est loin de tomber aux oubliettes. En effet, le train touristique Orford Express permet aux visiteurs de découvrir la région autrement, comme dans le temps…

Le Progrès de Magog a consacré, dans son édition du 14 juillet 1976, 
deux pleines pages à des photographies olympiques - Le Progrès de Magog. La Société d'histoire de Magog

Le Progrès de Magog a consacré, dans son édition du 14 juillet 1976, deux pleines pages à des photographies olympiques - Le Progrès de Magog. La Société d'histoire de Magog

40e anniversaire des Jeux olympiques de Montréal

Du 17 juillet au 1er août, le Québec en entier célèbrera le quarantième anniversaire des Jeux olympiques de Montréal. Alors que la majorité des épreuves se sont déroulées dans la grande région de Montréal, quelques-unes d’entre elles, le soccer et le handball, ont pris place dans la région des Cantons-de-l’Est. Évidemment, l’évènement a longuement été discuté dans les médias. Tour d’horizon sur ce que La Tribune et le Progrès de Magog avaient à dire sur le sujet.

Le journal La Tribune avait déployé toute une équipe pour assurer la couverture complète des Jeux olympiques de Montréal. Plus d’une dizaine de journalistes et photographes étaient assignés à différents postes, de Montréal à Bromont, en passant par Kingston et Sherbrooke.

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Une publicité annonçant les compétitions de soccer et de handball à Sherbrooke – La Tribune

L’Unité d’opération olympique de Sherbrooke aussi voulait être à son meilleur. En effet, elle a été la seule à tenir quatre répétitions générales en prévision des JO de 1976 afin de s’assurer d’être prête pour accueillir les athlètes et les spectateurs.

Fait troublant et cocasse à la fois, La Tribune rapportait, le 26 juillet 1976, une alerte à la bombe au Palais des sports de Sherbrooke durant le déroulement d’un match de handball Yougoslavie-Japon auquel assistaient près de 2500 personnes. Les policiers alertés ont vite retrouvé la supposée bombe et se sont rapidement rendu compte qu’il manquait un attrait important à cette dernière… l’explosif ! Donc, fort heureusement, rien de grave n’est arrivé.

Plus tard, dans l’édition du 28 juillet 1976, alors que les compétitions sportives de soccer et de handball avaient pris fin, le journaliste Mario Goupil faisait le point sur l’ensemble des compétitions ayant eu lieu à Sherbrooke. Il rapportait que quelque 400 personnes ont travaillé directement dans la région pour faire du déroulement des compétitions un succès et que 25 000 à 30 000 spectateurs auraient pris place dans les estrades.

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Une annonce du Ministère des Communications parue dans le Progrès de Magog peu avant les JO de 1976 – Le Progrès de Magog. La Société d’histoire de Magog

Du côté de Magog, on se souvient des éditoriaux au sujet des JO. On peut lire dans le Progrès de Magog du 7 août 1976, l’éditorial d’une dénommée Marie-Paul qui s’exprimait comme suit : « Les athlètes olympiques nous ont-ils laissé au moins le goût de nous entraîner physiquement ? Ou continuerons-nous, pour la plupart à demeurer des sportifs en fauteuil qui, une bière, une liqueur douce ou un sac de chips à la main se contentent de regarder courir les autres sur notre petit écran ? ». À réfléchir…

Enfin, en dehors du domaine des compétitions, la ville de Sherbrooke a également été hôte dans le cadre des visites régionales pendant les Jeux olympiques. En effet, une petite annonce du Progrès de Magog du 14 juillet 1976 invitait les athlètes régionaux intéressés à poser leur candidature pour accompagner les athlètes olympiques lors d’une visite de l’Estrie le 27 juillet 1976. Y aviez-vous participé ?

La fête de la Confédération en 1947 - Fond studio RC. Société d'histoire de Magog

La fête de la Confédération en 1947 - Fond studio RC. Société d'histoire de Magog

Unifolié et feux d’artifices

La fête du Canada est célébrée en l’honneur de la naissance du Canada le 1er juillet 1867, officialisée par la signature de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique. Cet acte, aujourd’hui connu sous le nom de Loi constitutionnelle de 1867, crée la constitution Canadienne et donne au pays le titre de Dominion. Cela accorde au Canada une autonomie certaine, bien que la Couronne britannique soit encore considérée comme la mère patrie. L’Acte de l’Amérique du Nord britannique répartit les responsabilités entre les pouvoirs fédéraux et provinciaux tout en définissant le droit des citoyens canadiens et des citoyennes canadiennes. À l’époque, le territoire du pays s’étend seulement au Nouveau-Brunswick, à la Nouvelle-Écosse, à l’Ontario et au Québec. Ce n’est qu’en 1999 avec l’introduction du Nunavut que le Canada devient tel qu’on le connaît aujourd’hui.

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Parade de la fête de la Confédération en 1958 – Fond studio RC. La Société d’histoire de Magog

En 1868, l’année suivant la signature de l’Acte, le vicomte Monck, alors premier gouverneur général du Canada, signe une proclamation invitant tous les Canadiens et les Canadiennes, alors sujets de Sa Majesté la reine d’Angleterre, à célébrer le 1er juillet. Une dizaine d’années après, une loi fédérale désigne l’anniversaire de la Confédération comme la « fête du Dominion ». Ce n’est que le 27 octobre 1982, peu de temps après l’adoption de la Loi constitutionnelle de 1982, qui rapatriait la Constitution et donne au Canada son indépendance politique totale, que la « fête du Dominion » se transforme en « fête du Canada ».

La fête du Canada est joyeusement soulignée depuis ses débuts, bien que la formule de la fête ait légèrement évolué. En effet, alors qu’au début du 20e siècle, cette célébration est dédiée aux Pères de la Confédération et aux Canadiens ayant combattu en Europe pendant la Première Guerre mondiale, on assiste, à l’aube du 150e anniversaire du Canada, à une célébration des valeurs canadiennes comme la diversité et le multiculturalisme. Entre temps, plusieurs villes canadiennes se sont dotées de festivités locales et s’assurent, chaque 1er juillet, de faire briller le ciel de mille feux, tradition encore en vigueur aujourd’hui.

Bonne fête du Canada à tous et toutes !

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Des majorettes à la parade de la fête de la Confédération en 1958 – Fond studio RC. La Société d’histoire de Magog

Un pianiste donne des autographes à de jeunes fans avec Gilles Lefebvre en 1950. 
Fonds Centre d'arts Orford. La Société d'histoire de Magog

Un pianiste donne des autographes à de jeunes fans avec Gilles Lefebvre en 1950. Fonds Centre d'arts Orford. La Société d'histoire de Magog

65 ans de symphonie à Orford Musique

Cette année en est une chargée pour Orford Musique. Après un changement d’appellation, l’endroit se nommait auparavant Centre d’arts Orford, le festival qui y est relié fête aujourd’hui sa 65e édition. Pour mieux apprécier la magnificence du festival Orford Musique, attardons-nous sur un aperçu de son historique.

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Le 24 août 1974, on souligne le 25e anniversaire du Centre d’arts Orford par une messe en si mineur de J.S. Bach interprété à l’église Saint-Patrice de Magog. Fonds Centre d’arts Orford. La Société d’histoire de Magog

Fondé en 1951 par Gilles Lefebvre et le mouvement des Jeunesses musicales du Canada, le Centre d’art Orford devient rapidement une école estivale de choix pour les jeunes musiciens et les musiciennes d’Amérique du Nord. Malgré des débuts modestes, on ne comptait au départ que dix élèves et deux professeurs, cette académie est reconnue, dès ses premières années de fonctionnement, comme une institution de qualité grâce à ses professeurs de talents.

Quelques années après, en 1955, le Centre d’arts Orford se dote d’une auberge pour recevoir les professeurs et les étudiants de l’Académie ainsi que les artistes du Festival Orford. En 1960, sous les recommandations de l’architecte Paul-Marie Côté, on construit une salle de concert de 550 places que l’on nomme la salle Gilles-Lefebvre en l’honneur du fondateur du Centre d’art. Plus de 25 ans après, en 1988, l’Académie se dote d’un nouveau bâtiment : le pavillon Charles-Leblanc. Ce dernier compte divers studios de répétition pour petits groupes et pour orchestre et des cubicules pour solistes. Plus tard, en 2003, on construit un nouveau bâtiment où d’autres lieux d’hébergement sont aménagés.

Le pavillon l'Homme et la musique a été présenté à l'Expo 67 de Montréal. Fond Centre d'arts Orford. La Société d'histoire de Magog

Le pavillon l’Homme et la musique a été présenté à l’Expo 67 de Montréal. Fonds Centre d’arts Orford. La Société d’histoire de Magog

À ce jour, le tout récemment nommé Orford Musique compte sept bâtiments et plusieurs refuges. Il est intéressant de noter que plusieurs de ces constructions de style moderne expressionniste expriment un rappel à la musique dans leur architecture. Par exemple, le pavillon J.A.-DeSève est modelé comme la clé de fa, la salle de concert Gilles-Lefebvre prend les formes d’un piano et le pavillon l’Homme de la musique épouse les traits d’un buffet d’orgue. Fait digne d’intérêt : ce dernier a été présenté lors de l’Expo 67.

Encore aujourd’hui, plus de 300 étudiants et étudiantes de 17 à 30 ans et originaires de partout dans le monde s’assoient sur les bancs d’Orford Musique pour y recevoir un enseignement dont la réputation n’est plus à faire. Parallèlement à cette fonction éducative, Orford Musique donne également la chance au grand public d’assister à des concerts et des spectacles d’artistes de renom dans le cadre du Festival Orford Musique.

Pour connaître toute la programmation de l’édition de 2016, rendez-vous sur le site web du festival.

Concert-gala du 30e anniversaire du Centre d'arts Orford le 31 juillet 1981. On aperçoit sur la photo Henryk Szeryng, violoniste et Charles Dutoit, chef de l’Orchestre Symphonique de Montréal. Fond Centre d'arts Orford. La Société d'histoire de Magog

Concert-gala du 30e anniversaire du Centre d’arts Orford le 31 juillet 1981. On aperçoit sur la photo Henryk Szeryng, violoniste et Charles Dutoit, chef de l’Orchestre Symphonique de Montréal. Fonds Centre d’arts Orford. La Société d’histoire de Magog

On répète en vue d'un concert de la Saint-Jean-Baptiste au Centre d'arts Orford en 1984 - Fonds Centre d'arts Orford. La Société d'histoire de Magog

On répète en vue d'un concert de la Saint-Jean-Baptiste au Centre d'arts Orford en 1984 - Fonds Centre d'arts Orford. La Société d'histoire de Magog

La Saint-Jean-Baptiste

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Pendant longtemps, toutes les parades de la Saint-Jean-Baptiste présentent un petit garçon blond en l’honneur du saint du même nom. En voici un lors d’un défilé de 1920 – Fond Bibliothèque Memphrémagog. La Société d’histoire de Magog

Célébrée à coup de fleurdelisé et de feux d’artifices tous les 24 juin, la fête de la Saint-Jean-Baptiste est bien plus qu’une journée de réjouissance. Coup d’œil sur son origine. La Saint-Jean-Baptiste vient de la naissance de saint Jean Baptiste,  dont le récit se trouve dans les Évangiles puisqu’il serait le cousin de Jésus Christ. Dans les églises catholiques et orthodoxes, on le célèbre tous les 24 juin depuis plusieurs siècles. La Saint-Jean-Baptiste est d’ailleurs soulignée, sous des motifs religieux, dans les zones catholiques de la Belgique, l’Espagne, la France et l’Italie.

L’arrivée de cette commémoration au Québec remonte au débarquement des colons français en Nouvelle-France. Dans la province, la fête religieuse, qui autrefois soulignait le solstice d’été, laisse tranquillement sa place à la fête nationale du Québec. C’est ainsi qu’au Canada français, on considère le 24 juin comme une fête nationale depuis 1834 alors qu’on chante pour la première fois le Ô Canada! mon pays, mes amours de George-Étienne Cartier (à ne pas confondre avec l’hymne national canadien!). Cette journée était soulignée dans le but d’accroître l’union entre les Canadiens. C’est depuis cette année-là que la fête religieuse converge avec la fête nationale. Quelques années après, en 1843, le journaliste Ludger Duvernay fonde l’Association Saint-Jean-Baptiste qui adoptera trente-cinq ans plus tard À la claire fontaine comme air national pour les Canadiens français. Puis, en 1925, le gouvernement du Québec rend officiellement cette journée fériée. Dès lors, cette dernière est consacrée à la célébration et à la valorisation de la culture québécoise. À la fin des années quarante, le fleurdelisé devient le drapeau officiel du Québec. Il est encore aujourd’hui un symbole fort d’appartenance québécoise.

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Un concert de la Saint-Jean-Baptiste au Centre d’art Orford en 1984 – Fond Centre d’arts Orford. La Société d’histoire de Magog

La Révolution tranquille marque un tournant dans l’histoire du Québec et cela affecte même la commémoration de la Saint-Jean-Baptiste. En effet, on tente de mettre de côté la facette religieuse de la fête au profit de performances culturelles plus actuelles. Enfin, la célébration est officialisée par le Parti québécois comme la fête nationale du Québec depuis 1977. Désormais, la «Saint-Jean» est une fête ouvertement laïque qui célèbre le Québec sous toutes ses coutures.

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On voyait souvent des parades de chars allégoriques lors des festivités de la Saint-Jean-Baptiste – Fond Jacques Boisvert. La Société d’histoire de Magog

Bonne Saint-Jean-Baptiste à tous!

Rue Main Abbott

Arthur W. Ling , un banquier citoyen

Natif d’un « petit village » des Cantons-de-l’Est, M. Arthur W. Ling (1889-1966) fit carrière toute sa vie durant, dans le domaine bancaire. Après des séjours d’initiation (en 1907) à la Banque Molson de Victoriaville, puis à celle du Canal Lachine, il fut transféré à la succursale de Chicoutimi de cette banque en 1908, puis à Sainte-Thérèse en 1912. Peu après son mariage en 1915, il entre à l’emploi de la Banque Molson de Waterloo à titre de teneur de livres : dispensé par la banque de s’enrôler dans l’Armée, c’est à cette époque qu’il commence à s’intéresser (selon ses propres termes) plus « sérieusement » à sa carrière de banquier, poursuivant des études en Affaires bancaires avec l’Université Queen’s de Kingston, puis en Économie et Finances avec l’Institut Alexander Hamilton de New York; quelques années plus tard, il se voyait accorder un prix d’excellence de l’Association bancaire canadienne (Canadian Bankers’ Association). Au terme de quatre années à Waterloo, il se vit nommer gérant de la Banque à Saint-Ours-sur-Richelieu, puis à Trois-Pistoles en 1923. Peu après (1925), la Banque Molson fut incorporée à la Banque de Montréal, et Arthur W. Ling poursuivit à titre de gérant pour la nouvelle banque à Trois-Pistoles durant trois années supplémentaires.

Rue Main Abbott

Banque de Montréal, Magog (détail)C’est alors, vers 1928, qu’Arthur Ling fut muté à Magog, en tant que gérant de la Banque de Montréal locale, qui y opérait à perte depuis 14 ans : M. Ling releva le défi de mieux positionner la Banque dans le marché magogois, en optant pour une stratégie de « good will », qui l’amena à s’impliquer à fond dans le développement de la communauté. C’est à ce titre qu’il contribua à fonder la Chambre de Commerce de Magog, dont il fut longtemps l’un des dirigeants; il mit également sur pied une agence de développement industriel, puis un bureau de tourisme, tout en s’impliquant dans divers clubs sociaux. Lors du Centenaire de la Paroisse Saint-Patrice, en 1936, il publia en collaboration avec sa fille Patricia, une histoire de cette paroisse et de la ville depuis ses origines.

Lac Orford Ling

Golf Ling

Durant les années 1930, Arthur Ling allait également avoir un impact décisif sur l’avènement du Parc Provincial du Mont Orford, en amenant les chambres de commerce et les dignitaires de toute la région à soutenir les efforts du Dr. George Bowen pour la création du parc. IL fut par la suite l’un des principaux instigateurs du Club de Golf du Mont Orford, puis du Club de Ski du Mont Orford, dont il fut le premier président. C’est ainsi, durant son séjour de 14 années à Magog, que M. Arthur Ling apporta une contribution décisive au développement de la Ville et de la région tout entière. En 1941, la Banque de Montréal devait le transférer, avec toute sa famille – plutôt réfractaire à quitter Magog –, pour diriger une importante succursale de la banque à Montréal, au coin des rues Saint-Laurent et Laurier. Il parvint aussi à rentabiliser cette succursale, en triplant son personnel et ses profits, avant de prendre sa retraite en 1951, après quoi il oeuvra comme administrateur pour les cités d’Outremont et de Mont-Royal. Grand amateur de golf et de sculpture sur bois, Arthur W. Ling laissa une empreinte profonde sur plusieurs villes et organisations, en particulier à Magog. Il décéda en novembre 1966, quelque peu déçu de n’avoir pas pu survivre jusqu’à l’ouverture prochaine du Métro de Montréal.

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Le Fonds Arthur W. Ling qui fut offert à la SHM par M. Michel Tanguay, comprend plusieurs brochures d’époque (dont sa propre monographie sur la « Paroisse Saint-Patrice – Magog 1886-1936 – Souvenirs historiques » et quelques autres, des items concernant le « Mount Orford Golf and Country Club », ainsi qu’une copie d’un document autobiographique adressé au siège social de la Banque de Montréal : il y relate les grandes étapes de sa carrière bancaire et communautaire. Pour compléter le tout, le fonds Ling comprend une quarantaine de photographies et de cartes postales d’époque – dont 16 photographies de qualité exceptionnelle (noir et blanc, grand format) réalisées par George A. W. Abbott. Curieusement, une seule de ces photos de George Abbott vient dupliquer une photographie que nous avions déjà dans le fonds personnel du photographe.

Pierre Rastoul, Société d’histoire de Magog

École des métiers

L’École des métiers de Magog

Il y a 75 ans, Jean Chalifoux (1913-2006), jeune diplômé de l’École Technique de Montréal (École du Meuble), débarquait à Magog pour y fonder une École d’arts et métiers. En 1938, dans le cadre d’un « Service de l’Aide à la jeunesse », le docteur Albert Guertin lançait l’idée d’une telle école et, à cette fin, il obtenait un octroi de 500 $ de la Ville de Magog, qui permettait le recrutement du professeur Chalifoux.

Jean Chalifoux arrive à la gare de Magog le 4 janvier 1939, où il est accueilli par le docteur Guertin, représentant des Chevaliers de Carillon, les grands responsables de cette initiative. L’ouverture officielle a lieu le 15 janvier et 107 élèves ont donné leurs noms pour suivre les cours qui se tiennent au collège St-Patrice des frères du Sacré-Coeur. Il s’agit de cours de dessin, de mathématiques, de menuiserie, notamment l’ébénisterie, dispensés gratuitement de jour et de soir. M. John Peters, membre de la direction, s’engage à fournir à l’école le bois nécessaire à ses opérations. Les cours vont bon train et l’école tient sa première exposition le 15 juin 1941.

Jean Chalifoux, homme dévoué et honnête, s’implante dans sa nouvelle communauté, où son épouse Yvonne Tremblay et lui ont deux enfants, Claire et Jacques. Il a fait fonctionner l’école jusqu’en juin 1961. Les locaux mis à la disposition de l’école d’arts et métiers doivent être sacrifiés pour la construction du nouveau Pavillon des Loisirs. Jean Chalifoux va enseigner à Cowansville et Waterloo et travaille comme menuisier. Grâce à lui, le germe d’une École des métiers permanente est semé et portera fruit.

Classe École métiers

Une seconde école

En 1957, une vaste campagne de souscription est lancée pour la construction d’un hôpital laïc, l’Hôpital de Magog inc. La construction, débute sur la rue Percy en octobre 1957, mais elle est arrêtée en décembre 1958 faute de fonds. La propriété est mise en vente pour permettre le remboursement des sommes souscrites, dont les ouvriers ont grandement besoin au lendemain d’une grève de plusieurs mois dans le textile.

Magog réclame à grands cris une École des métiers pour accueillir un plus grand nombre d’élèves et répondre à la demande. Le moment est favorable au projet, car des élections provinciales sont annoncées pour juin 1960, et les deux candidats en lice promettent une École des métiers. Le candidat libéral Georges Vaillancourt est élu. Le gouvernement se porte acquéreur du terrain et des fondations de l’hôpital, puis rembourse les souscripteurs.

École des métiers

Le projet d’une école de métiers est accepté et, en mars 1962, la firme Yvon Giguère inc. obtient le contrat. La construction est terminée pour septembre 1963. L’ouverture officielle, sous la présidence de Paul Trottier,   a lieu le 9 septembre 1963, soit il y a 50 ans. Quelque 50 élèves se sont qualifiés aux examens exigés par le ministère de la Jeunesse, et l’objectif est d’y admettre l’année suivante une centaine d’élèves. Six professeurs y enseignent : électricité, plomberie-chauffage, mécanique automobile et appareils domestiques. On y donne aussi des cours du soir afin de rejoindre les travailleurs et apprentis de toutes catégories, contremaîtres, commis et vendeurs. Dès la deuxième année, les inscriptions ne sont pas à la hauteur des attentes des dirigeants. Afin d’augmenter sa clientèle, l’école offrira des cours de dessin industriel, lecture de plans, ferblanterie, débosselage et peinture.

En 1967, le Centre d’apprentissage 24 juin ouvre ses portes à Sherbrooke, ce qui n’aide pas la cause de l’école de Magog. En 1974, c’est au tour de La Ruche d’accueillir les jeunes du secondaire, mais l’École des métiers continue ses opérations. En 1986, une centaine d’élèves inscrits à La Ruche en équipement motorisé doivent se déplacer sur la rue Percy pour assister aux cours. Pour des raisons économiques, un agrandissement de 5 500 pi2 est réalisé à La Ruche pour des ateliers et un bureau pour les professeurs. En 1987, l’école de la rue Percy, ainsi libérée, est rénovée et recyclée en centre administratif pour la Commission scolaire de Magog,

Maurice Langlois, Société d’histoire de Magog

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